Accompagner les entreprises vers une projection diversifiée du monde

by Glwadys in Entreprises on 31 mars 2018
Personnes travaillant en ligne sur leurs ordinateurs

Nous vivons dans un monde en pleine mutation, les initiatives ne manquent pas et les consciences s’éveillent… Pourquoi les images autour de nous continuent de nous dire le contraire?

L’histoire de Spriiks commence avec le métier de sa fondatrice Glwadys Le Moulnier. Photographe depuis 16 ans dont 5 auprès des entreprises bordelaises, elle avait, comme beaucoup de photographes, du mal à boucler les fins de mois. Elle a donc commencé à poser des questions aux entreprises avec qui elle travaille. Elle se demandait pourquoi elle n’arrivait pas à faire progresser ses revenus. La réponse est unanime : ses clients vont tous chercher leurs photographies sur internet dans les banques d’images. Avec un certain soulagement elle se dit qu’au moins, elle avait la solution. Elle décide donc de mettre une partie de ses photographies sur une des grandes banques d’images qu’elle trouve assez facilement sur internet et espère ainsi toucher un complément de revenus.

Le temps passe et enfin une de ses photographies est vendue !

Elle se rend donc sur la plateforme et se rend compte que sa photographie, vendue 11 euros sur le site en question lui permet de toucher… 25 centimes. C’est un peu la douche froide mais ça a le mérite de provoquer à la fois un profond sentiment d’injustice et de réveiller une immense curiosité. Elle décide donc d’aller voir de plus près ce que proposent ces banques d’images et tape alors dans la barre de recherche le mot “réussite”. Deuxième surprise et pas des moindres, les résultats semblent unanimes sur ce qui représente la réussite : un homme d’environ 35 ans, caucasien, en costard, dans un bureau à baie vitrée. Cela la laisse perplexe.  Elle en parle a des amis autour d’elle, se renseigne, lit des articles. Puis elle continue de poser des questions aux entreprises avec qui elle continue de travailler et leur fait part de son expérience. Et le retour qu’elle va avoir va la surprendre doublement : 
“oui c’est vrai c’est l’horreur pour trouver une image un peu correcte, je perds un temps dingue et j’avoue, à la fin je lâche l’affaire et je prends la première qui vient”. 
C’est compréhensible et en même temps quel dommage qu’un outil aussi pratique que la banque d’images offre si peu de diversité et accompagne si peu les entreprises au choix de leur visuels. 

Mais comment en est-on arrivé là ?

Pour comprendre il faut remonter un peu le temps lors du passage au numérique à la fin des années 90. La vente de photographie est alors gérée par des agences qui vendent des lots d’images sur disquette puis CD. Petit à petit, les fond d’images de ces agences sont revendues à des entreprises plus grosses, venues des Etat-Unis. Au départ, la banque d’image est un peu un El Dorado qui permet de générer des revenus passifs confortables.  La crise de 2008 vient fragiliser le marché et la suite est mécanique : les photographies sont vendues en grosses quantité et moins chères. Les commissions que touchent les photographes se réduisent. Pour compenser le manque à gagner et comme dans n’importe quelle industrie, les photographes vont produire plus, en moins de temps pour générer de la masse. En parallèle, l’essor des appareils photo numériques permet à une première vague de concurrence de rentrer dans le jeu, attirés par la perspective de revenus passifs. La conséquence immédiate est donc une industrialisation de la production qui a tendance à lisser les représentations ou à créer tout simplement des absurdités. Par exemple, il n’est pas rare de trouver une photographie qui représente une personne paraplégique sur une photo et la voir courir derrière un ballon sur une autre. 

CQFD ?

La question de la réalité de la représentation est en fait une fausse question, les photographies sont très souvent mises en scène. La vraie question qu’il faut se poser est celle du sens, qu’est ce que l’on veut dire ? C’est pourquoi proposer de la diversité aux images, aux provenances et au représentation permet d’engager une diversité de réponses possibles.  La suite de cette histoire est un enchaînement plutôt heureux d’opportunités : un appel à projet ou Spriiks est lauréat, les Audacieuses qui aide les femmes à lancer leur business dans l’économie sociale et solidaire, puis un deuxième, French Tech Tremplin, qui va chercher les talents partout où ils se trouvent. L’idée est simple : tout le monde a le droit d’être représenté… littéralement !  Comment faire cela ? En créant une plateforme basé sur cette idée: une banque d’images éthique et responsable qui source les photographes, leur permet de mettre leur photographies en ligne pour les proposer aux entreprises. Le circuit-court de la photographie en somme. En voulant avant tout que la recherche d’images soit la plus fluide possible, il faut permettre aux entreprises d’être guidées par la chose la plus importante finalement: les valeurs et le sens.

Categories: Entreprises Vision

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